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31.05.2008

Odette Toulemonde et autres histoires - Eric Emmanuel Schmitt

Odette Toulemonde et autres histoires – Eric Emmanuel Schmitt

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Beaucoup de fans d’Eric-Emmanuel Schmitt avaient été déçus par « Odette Toulemonde et autres histoires», son premier recueil de nouvelles … Moi, j’ai beaucoup apprécié le second « la rêveuse d’Ostende », et notamment la nouvelle titre, qui m’a beaucoup marqué, ainsi que le style de l’auteur, son phrasé et son sens de la formule. D’autre part, pour avoir depuis lu pas mal de choses sur lui et nombre d’interviews, je trouve que c’est quelqu’un de subtil et de charmant, et je voudrais rapidement découvrir ses œuvres majeures, telles que « la part de l’autre » qu’on m’a décrit comme bouleversant..

Mais c’est vrai que parfois, ces histoires de femmes en quête de bonheur nous laissent un peu sur notre faim. C’est étrange à dire, et sans doute pas très respectueux de ma part, mais j’ai même tendance à trouver certains mécanismes rédactionnels assez faciles, mais on mettra cela sur le compte d’un livre « vite écrit » comme il l’explique lui-même… Mais Eric Emmanuel Schmitt est quand même un magnifique conteur de belles histoires, et j’ai tendance à vite pardonner aux gens que j’aime.... Car franchement, il n’y a en effet rien à redire sur le style, léché, propre, sur la description des personnages et des situations ; rien à dire non plus sur la maîtrise d’un certain suspens car toutes les nouvelles sans exception m’ont donné envie de tourner les pages et de connaître la fin de l’histoire….Non, il baigne juste dans l’athmosphère comme un léger goût d’inachevé quand même… mais rien de grave..

Rien de grave, car je ne regrette pas du tout cette lecture. Le livre nous permet, à travers ces histoires de Monsieur et Madame tout le monde, de réfléchir sur notre quotidien, nos faiblesses, nos lâchetés, certaines douleurs de la vie… avec toujours de la part de l’auteur une énorme capacité de tolérance, de respect et de compréhension.. Il y décrit souvent des êtres blessés qui s’interrogent sur eux. Il les décrit toujours avec bonté. Non, vraiment, Eric-Emmanuel Schmitt est vraiment un type bien !
Alors, même si « Odette Toulemonde et autres histoires » n’est évidemment pas le livre du siècle, il mérite qu’on s’y attarde avec tendresse, et qu’on écoute la douce musique qui émane de mes deux coups de cœur du recueil : « la Princesse aux pieds nus » ainsi que « le plus beau livre du monde » qui m’a d’autant plus touché car il s’agit d’une histoire de femmes en prison… une douce musique tout en douceur et en émotion.

18.05.2008

J'étais derrière toi - Nicolas Fargues

J’étais derrière toi – Nicolas Fargues

« J'étais derrière toi" , c’est l’histoire d’un classique : un homme trentenaire marié deux enfants, dont le couple bat de l'aile va passer un week-end chez ses parents en Toscane. Dans un restaurant, le serveur lui remet un billet écrit par une jeune femme avec juste ces mots "j'étais derrière toi" et un n° de téléphone. Cette petite phrase anodine mais symbolique va changer sa vie.

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"Pendant tout ce temps, toutes ces années, j'étais juste derrière toi, pas très loin, et tu ne m'as pas vue...")

C’est vrai que ça ne va pas fort pour le héros au moment de son escapade italienne. Longtemps heureux, mari fidèle et amoureux, il connaît un premier « bug » en flirtant avec une danseuse de passage dans la ville, a Tanambo, au Madagascar. L’épisode, qu’il avoue a sa femme Alexandrine, se transforme en cauchemar, avec une scène de violence conjugale d’une douleur monumentale. Malgré sa volonté de se racheter, son épouse lui maintient la tête sous l’eau, le tyrannise, l’humilie et décide de le tromper également. Alors quand le destin lui met Alice dans la tête et dans le cœur, la vie bascule.

«Moi qui ne drague jamais, le désespoir me rendait prêt à tout.»

La jolie et cultivée étudiante italienne l'entraîne bien vite dans un monde de délices. Il se sent revivre. Car le personnage est attachant, et on a envie qu’il vive, qu’il sorte des griffes de sa tyrannique Alexandrine et qu’il aille chercher pour toujours Alice à Romanze. On aime ses ambiguités : incapable d’assumer, en recherche permanente d’affection et de romantisme.

« J'ai du mal à imaginer qu'on puisse faire l'amour avec quelqu'un, même d'inconnu, même une unique nuit, sans qu'un lien fort en résulte. Deux corps qui se sont pénétrés, deux peaux qui se sont frottées l'une contre l'autre, deux salives qui se sont échangées, se doivent des comptes, on ne peut pas s'en tirer comme ça, même si chez la plupart des gens, de fait, ça n'engage à rien."

Alors, on le suit, on l’encourage, on a mal pour lui, on sent son cœur se déchirer de douleur quand l’absence d’Alice lui fait mal. On est au plus près de lui, car, en plus, pour nous raconter tout cela, Nicolas Fargues a choisi une forme originale puisque le narrateur s'adresse au lecteur en direct, dans un style presque parlé. L’effet est intéressant d’autant plus que le livre est d’un seul tenant, sans chapitres, ni même paragraphes.

J’ai passé un agréable moment a la lecture de ce roman, dévoré en quelques heures. Nicolas fargues a une écriture sage, mais un style vif et a de vrais parti pris, tant dans la rédaction, que dans certaines thèses développées. Il mérite d’être découvert.


09.05.2008

Chaque femme est un roman - Alexandre Jardin

On croit d’abord qu’Alexandre Jardion va nous raconter sa vie. Sa façon serait de le faire à travers les femmes qui ont compté pour lui.
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Et Il y en a, dont certaines sont sacrément félées, d’autres sacrément amoureuses de lui, d’autres sacrément étonnantes : la voisine d’en face qui fait l’amour fenêtre ouverte, une lesbienne paparazzo qui garde l’oreille d’une de ses victimes dans le formol, sa compagne prénommée Liberté (c’est un prénom, ça ?) qui ne veut pas l’épouser, une Japonaise exaltée qui le confond avec Daniel Pennac et se refuse donc à lui au dernier moment, une romancière indienne qui claque sa fortune en cinq jours à Rome avec Gérard Depardieu , une gérante de cinéma qui retouche la fin des films quand ils sont tristes… etc….Et surtout sa mère. Mme Jardin, qui bouscule le quotidien, refuse les habitudes, brûle les livres, vend ses maisons à l’insu du plein gré de tout le monde et exige de ses amants qu'ils se fassent tatouer un point d'interrogation sur leur sexe !!...
Comment croire à la moitié de ces histoires ???, Et non, on ne croit pas une seconde à ces aventures farfelues, et c’est ça qui nous étonne !! Alors, certains jugeront cela agaçant. De toute façon, il est agaçant. Et c’est sans doute encore plus agaçant pour ceux qui le trouvent agaçant de le voir en tête de gondole, invité des plateaux et leaders des hits parades… mais quel phrasé ! Moi, j’adore son style ! Il redonne du lustre aux adjectifs, il met de la sensibilité dans chaque virgule, il écrit malin comme un singe, à la fois modeste et égocentrique, délirant et sérieux, respectueux et grossier ! C’est d’un enthousiasme fou, chaque page est un courant d’air de plaisir ! Il accélère, il ralentit, il rit, il s’étonne, il revient, nous questionne : un vrai jeu avec les histoires, avec les mots, avec nos vies, pour mieux en comprendre certaines choses.
C’est vrai qu’au départ, j’avais espéré portraits disons plus….réalistes, mais c’est vraiment un livre léger et drôle qui se lit avec grand plaisir.
Après coup, le titre de son livre sonne aussi comme un vrai clin d’œil : « chaque femme est un roman ». Ce livre pseudo-autobiographique est un véritable roman. Et je ris de ce commentaire idiot d’un libraire lu dans un forum internet « Jardin veut encore nous parler de lui sur plus de 300 pages, mais se rend-il compte qu’il n’intéresse personne ? ».

Et alors, je pense aux propos de son éditrice, Françoise Verny, qui lui aurait dit « Echappe-toi du piège de la sincérité. Ecrire du roman, c'est duper les autres et soi-même avec enthousiasme. » Mission réussie M. Jardin !

Dils – Heaulme : Contre-enquête sur un fiasco judiciaire

Dils – Heaulme : Contre-enquête sur un fiasco judiciaire - Emmanuel Charlot

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Faire justice est bien. Rendre justice est mieux." V. Hugo.

Qui me connaît un peu sait quel intérêt je porte aux enquêtes criminelles, et plus encore, à l’erreur judiciaire. Touché de près dans ma famille par une terrible erreur judicaire, je me suis toujours passionné pour ces drames humains. De Dreyfus aux Innocents d’Outreau, plusieurs affaires sont de véritables passions pour moi : Dominici ensuite, Ranucci , Seznec bien sûr, et enfin Patrick Dils. Malgré de nombreuses lectures, je ne suis pas encore convaincu de l’innocence du patriarche Gaston Dominici et du guillotiné Christian Ranucci. D’abord parce qu’il y a de nombreuses zones d’ombres dans ces deux affaires, et ensuite parce que la personnalité de leurs principaux défenseurs : William Reymond pour Dominici et Gilles Perrault pour Ranucci, est très trouble. Mais j’aurais l’occasion de revenir sur ces deux affaires, ainsi que sur celle de Guillaume Seznec, dont je suis persuadé de l’innocence.
En ce qui concerne Patrick Dils, je suis intimement convaincu que ce jeune homme a passé 15 ans de sa vie en prison pour un meurtre pour lequel il n’a strictement rien à voir. Si vous en doutez, il vous faut absolument lire cette contre-enquête passionnante et menée sans parti pris, avec une intime conviction, celle de la recherche de la vérité. Plus on découvre l’enquête, plus on est sidéré par la légéreté avec laquelle on a mené l’enquête et avec laquelle on la mène toujours.
L’innocence de Dils est prouvée, indiscutable, imparable. On y constate que les prélèvements de base n’ont pas été faits (les pantalons portés par les enfants n’ont pas été conservés comme pièce à conviction), les interrogatoires n’ont pas respecté les procédures (et on comprendra ces fameux aveux), des photos de la scène du crime ont été égarées, des témoins délibérément oubliés… on y verra que pas moins e 2 individus avant Dils ont avoué le meurtre au brillant inspecteur Varlet. On s’interrogera aussi qu’un seul homme a réussi à décrire précisément les tenues des enfants ce jour-là alors qu’aucun article de presse ne l’a mentionné etc… une accumulation de bévues et d’actes délibérés pour enfermer au plus vite un adolescent fragile et timide : Patrick Dils. Ce livre est la démonstration qu’on a fabriqué une erreur judiciaire.
Pour ceux qui ne connaissent pas bien l’affaire, une de ses particularités consiste aussi à la présence du tueur en série Francis Heaulme sur les lieux du meurtre l’après-midi même du meurtre. Retrouvé en sang par des pêcheurs en fin de journée, leur avouant « avoir fait une connerie » ….
Plus de 20 ans après ce double meurtre affreux, après 3 procès d’assise, Patrick Dils a enfin été acquitté et Heaulme a bénéficié d’un non-lieu. Les familles de cyril beining et alexandre beckrich, huit ans au moment des faits, ne connaissent pas l’assassin de leurs enfants. Car, c’est bien entendu aussi à eux qu’il faut penser : les victimes. Et Emmanuel Charlot ne connaît jamais l’impair d’oublier que ce sont eux les premières victimes de ce fiasco. Aujourd’hui, il est impensable que l’on laisse durer ce scandale encore longtemps. A son deuxième procès, Patrick Dils a fait appel alors qu’il aurait pu espérer une libération rapide, avec le jeu des remises de peines. Il souhaitait l’acquittement, et la vérité ; elle doit enfin éclater.

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