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09.05.2008
Chaque femme est un roman - Alexandre Jardin
On croit d’abord qu’Alexandre Jardion va nous raconter sa vie. Sa façon serait de le faire à travers les femmes qui ont compté pour lui.

Et Il y en a, dont certaines sont sacrément félées, d’autres sacrément amoureuses de lui, d’autres sacrément étonnantes : la voisine d’en face qui fait l’amour fenêtre ouverte, une lesbienne paparazzo qui garde l’oreille d’une de ses victimes dans le formol, sa compagne prénommée Liberté (c’est un prénom, ça ?) qui ne veut pas l’épouser, une Japonaise exaltée qui le confond avec Daniel Pennac et se refuse donc à lui au dernier moment, une romancière indienne qui claque sa fortune en cinq jours à Rome avec Gérard Depardieu , une gérante de cinéma qui retouche la fin des films quand ils sont tristes… etc….Et surtout sa mère. Mme Jardin, qui bouscule le quotidien, refuse les habitudes, brûle les livres, vend ses maisons à l’insu du plein gré de tout le monde et exige de ses amants qu'ils se fassent tatouer un point d'interrogation sur leur sexe !!...
Comment croire à la moitié de ces histoires ???, Et non, on ne croit pas une seconde à ces aventures farfelues, et c’est ça qui nous étonne !! Alors, certains jugeront cela agaçant. De toute façon, il est agaçant. Et c’est sans doute encore plus agaçant pour ceux qui le trouvent agaçant de le voir en tête de gondole, invité des plateaux et leaders des hits parades… mais quel phrasé ! Moi, j’adore son style ! Il redonne du lustre aux adjectifs, il met de la sensibilité dans chaque virgule, il écrit malin comme un singe, à la fois modeste et égocentrique, délirant et sérieux, respectueux et grossier ! C’est d’un enthousiasme fou, chaque page est un courant d’air de plaisir ! Il accélère, il ralentit, il rit, il s’étonne, il revient, nous questionne : un vrai jeu avec les histoires, avec les mots, avec nos vies, pour mieux en comprendre certaines choses.
C’est vrai qu’au départ, j’avais espéré portraits disons plus….réalistes, mais c’est vraiment un livre léger et drôle qui se lit avec grand plaisir.
Après coup, le titre de son livre sonne aussi comme un vrai clin d’œil : « chaque femme est un roman ». Ce livre pseudo-autobiographique est un véritable roman. Et je ris de ce commentaire idiot d’un libraire lu dans un forum internet « Jardin veut encore nous parler de lui sur plus de 300 pages, mais se rend-il compte qu’il n’intéresse personne ? ».
Et alors, je pense aux propos de son éditrice, Françoise Verny, qui lui aurait dit « Echappe-toi du piège de la sincérité. Ecrire du roman, c'est duper les autres et soi-même avec enthousiasme. » Mission réussie M. Jardin !
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Dils – Heaulme : Contre-enquête sur un fiasco judiciaire
Dils – Heaulme : Contre-enquête sur un fiasco judiciaire - Emmanuel Charlot

Faire justice est bien. Rendre justice est mieux." V. Hugo.
Qui me connaît un peu sait quel intérêt je porte aux enquêtes criminelles, et plus encore, à l’erreur judiciaire. Touché de près dans ma famille par une terrible erreur judicaire, je me suis toujours passionné pour ces drames humains. De Dreyfus aux Innocents d’Outreau, plusieurs affaires sont de véritables passions pour moi : Dominici ensuite, Ranucci , Seznec bien sûr, et enfin Patrick Dils. Malgré de nombreuses lectures, je ne suis pas encore convaincu de l’innocence du patriarche Gaston Dominici et du guillotiné Christian Ranucci. D’abord parce qu’il y a de nombreuses zones d’ombres dans ces deux affaires, et ensuite parce que la personnalité de leurs principaux défenseurs : William Reymond pour Dominici et Gilles Perrault pour Ranucci, est très trouble. Mais j’aurais l’occasion de revenir sur ces deux affaires, ainsi que sur celle de Guillaume Seznec, dont je suis persuadé de l’innocence.
En ce qui concerne Patrick Dils, je suis intimement convaincu que ce jeune homme a passé 15 ans de sa vie en prison pour un meurtre pour lequel il n’a strictement rien à voir. Si vous en doutez, il vous faut absolument lire cette contre-enquête passionnante et menée sans parti pris, avec une intime conviction, celle de la recherche de la vérité. Plus on découvre l’enquête, plus on est sidéré par la légéreté avec laquelle on a mené l’enquête et avec laquelle on la mène toujours.
L’innocence de Dils est prouvée, indiscutable, imparable. On y constate que les prélèvements de base n’ont pas été faits (les pantalons portés par les enfants n’ont pas été conservés comme pièce à conviction), les interrogatoires n’ont pas respecté les procédures (et on comprendra ces fameux aveux), des photos de la scène du crime ont été égarées, des témoins délibérément oubliés… on y verra que pas moins e 2 individus avant Dils ont avoué le meurtre au brillant inspecteur Varlet. On s’interrogera aussi qu’un seul homme a réussi à décrire précisément les tenues des enfants ce jour-là alors qu’aucun article de presse ne l’a mentionné etc… une accumulation de bévues et d’actes délibérés pour enfermer au plus vite un adolescent fragile et timide : Patrick Dils. Ce livre est la démonstration qu’on a fabriqué une erreur judiciaire.
Pour ceux qui ne connaissent pas bien l’affaire, une de ses particularités consiste aussi à la présence du tueur en série Francis Heaulme sur les lieux du meurtre l’après-midi même du meurtre. Retrouvé en sang par des pêcheurs en fin de journée, leur avouant « avoir fait une connerie » ….
Plus de 20 ans après ce double meurtre affreux, après 3 procès d’assise, Patrick Dils a enfin été acquitté et Heaulme a bénéficié d’un non-lieu. Les familles de cyril beining et alexandre beckrich, huit ans au moment des faits, ne connaissent pas l’assassin de leurs enfants. Car, c’est bien entendu aussi à eux qu’il faut penser : les victimes. Et Emmanuel Charlot ne connaît jamais l’impair d’oublier que ce sont eux les premières victimes de ce fiasco. Aujourd’hui, il est impensable que l’on laisse durer ce scandale encore longtemps. A son deuxième procès, Patrick Dils a fait appel alors qu’il aurait pu espérer une libération rapide, avec le jeu des remises de peines. Il souhaitait l’acquittement, et la vérité ; elle doit enfin éclater.
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