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12.04.2008
Camarades de classe - Didier Daeninckx

Grands plaisirs à la Fnac en ce mois de mars ; d’abord celui de voir les sorties prochaines des nouveaux albums de Grand Corps Malade et Cabrel, d’un live des Fatal Picards et d’un nouveau roman signé d’Alexandre Jardin, que je me dois de lire car je suis nostalgique de son formidable « Fanfan » que j’avais adoré à sa sortie en 1993 et qui doit être mon premier roman contemporain «Qui dit que je suis fou, ne l'a jamais été d'amour.»
Ensuite, plaisir encore en repartant des caisses avec « camarades de classe », le dernier Didier Daeninckx en main. Je n’ai jamais été déçu par les oeuvres de cet écrivain engagé qui mêle avec succès politique et polar, histoires vraies et fiction. « Meurtres pour mémoire » est pour moi une référence absolue, un monument d’Histoire qui met à la lumière l’affreux massacre des Algériens en Octobre 61 orchestré par Papon, et l’avant-dernier en date, « Histoire d’un salaud ordinaire » est un magnifique pamphlet sur 40 ans d’histoires de France entre Vichy et Algérie, trahisons et manigances.
Dans « camarades de classe », la narratrice, Dominique, est une femme bien dans sa peau, bientôt la soixantaine, qui œuvre avec succès dans la publicité. Elle tourne des spots au Maroc avec Zidane et Chabat ou fait des campagnes de communications pour le Conseil Régional du Nord Pas de Calais ;-). Son mari, François, est cadre dans un grand groupe pharmaceutique, mais son poste est menacé à cause d’une restructuration, et cette perspective le mine. Un jour, Dominique intercepte un peu par hasard un e-mail destiné à son mari, et provenant d'un ancien ami de lycée qui tente de renouer le contact grâce au site internet, 'camaradesdeclasse.com'. Dominique répond à l'insu de son mari et se retrouve au cœur des destins et des confidences de ces camarades de lycée des années pré-1968. S’y affrontent les visions contradictoires du même passé, les divergences de vues entre les agités de Mai 1968 et les communistes, les incompatibilités d’humeur, les jalousies, la guerre d’Algérie…
À certains moments, c’est du Daeninck pur et dur, au cœur des luttes libertaires et révolutionnaires, au cœur de la jeunesse qui pouvait « mourir a 30 ans », revisitant avec vérité les points noirs de notre histoire. Par contre, je suis resté aussi parfois sceptique sur ce même Daeninckx modernisé par Internet et par les outils d’aujourd’hui et qui perd peut-être un peu de sa « violence » et de sa passion. D’autre part, en spécialiste du suspens qu’il est, il nous livre un final très surprenant, voire saisissant, un peu étrange.. et que je vous laisserai juger par vous-mêmes tant il me laisse très pensif…
Au final, c’est un livre qui se lit avec un vrai plaisir…mais que j’oublierai bien plus vite que les monuments précités.
15:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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