04.10.2009
Un Roman français – Frédéric Beigbeder
Un Roman français – Frédéric Beigbeder

Immédiatement, le titre de l’ouvrage m’a fait penser –a juste titre – à Emmanuel Carrère et son époustouflante biographie « un roman russe ». Si on sait que le chroniqueur de Voici apprécie le grand romancier, on peut toutefois lui affirmer sans lui faire injure, qu’il n’est pas encore arrivé à sa hauteur. Et pourtant, le dernier opus de Beigbeder n’est pas dénué d’intêrêt, et se révèle même souvent plein d’émotion et de tendresse. Et même s’il n’égale pas ce bijou qu’est « L’amour dure trois ans » et cette merveille qu’est « Windows on the world », il nous réconcilie avec le beigbeder frappé de l’égoiste romantique ou un peu tordu d’Au secours pardon.
Tout part de cette sordide histoire de l’écrivain arrêté par la police et mis en garde à vue pour consommation de drogue en pleine rue. Ce sera le fil rouge de l’ouvrage. Enfermé dans les geôles du palais de justice de Paris, il décide de faire une petite introspection dans sa vie et de nous livrer sa jeunesse dont il dit se souvenir peu. Même si les ficelles sont grosses, on y croit et on se régale souvent. On est séduit, comme souvent, par son écriture vive et drôle, acerbe, efficace, et brillante quand il croque avec délicatesse certaines scènes de son enfance, la complicité avec son frère, les décors du sud ouest ou de Paris…
Toutefois, là où « un roman russe » déchire, bouleverse, nous donne des frissons, le roman français ne fait que nous accompagner. Agréablement certes, mais sans passion. L’exercice de la biographie est compliqué, Beigbeder le réussit, mais ne le sublime pas. Au-delà des quelques facilités, notamment autour du divorce ou de l’injustice de sa garde à vue, on a quand même le sentiment final que Beigbeder ne trouve pas sa vérité dans cette visite des souvenirs. Ou en tout cas, il ne nous la délivre pas totalement… Cela n’empêche qu’il nous livre un roman agréable, mais qui n’est ni celui de la révélation ni celui de sa maturité comme on l’entend partout. D’ailleurs, ça veut dire quoi être « le roman de la maturité » ? … c’est simplement une étape de sa vie d’écrivain qu’on espère fructueuse…
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31.08.2009
Des vents contraires – Olivier Adam
Des vents contraires – Olivier Adam
C’est le sixième roman d’Olivier Adam, rendu célèbre avec la magnifique adaptation qui a été faite d’un de ses best sellers : « je vais bien ne t’en fais pas » . Dans ce dernier opus, Olivier Adam circule de nouveau dans les méandres d’une cruelle disparition familiale.
Paul Anderen en est le magniifique héros. Scénariste, il a deux enfants, Manon et Clément, qu’il a conçu et élevé avec Sarah, sa femme, qui a disparu un après-midi, sans une explication. Leur couple avait des hauts et des bas, comme beaucoup.. Pas au point de disparaître sans donner signe de vie. C’était il y a 1 an. Depuis, pas une nouvelle et une enquête qui s’enlise. La vie de ceux qui restent est en miettes, la maison est vide d’elle et pleine d’un passé de bonheurs en famille.
Alors, pour essayer de reconstruire ce qui est encore possible et donner un semblant de vie normale à ses enfants, Paul revient dans sa ville natale, à St Malo, où son frère lui réserve un job de moniteur dans son auto-école. C’est là qu’il va essayer de survivre, voire de remonter la pente… On le suit donc dans ses rencontres, dans ses doutes et ses colères, dans ses bagarres aussi, contre le système, pour la justice, et pour ses enfants toujours. Avec lui, on s’accroche à ce qui reste, on serre les dents, les poings, on se tient par les coudes avec les voisins, les amis, la famille, les paumés de la digue, ces personnages blessés… Dans un St Malo qu’on a envie de découvrir, avec ses touristes l’été mais aussi ses longues soirées de solitude l’hiver, tous ces anonymes d’un nouveau quotidien vont par hasard l’emmener vers la vérité… certes parfois avec un récit aux frontières de l’invraisemblance..
C’est un roman bien entendu assez sombre, de fait du sujet, mais surtout plein de sensibilité, une histoire d’écorché vif… Olivier Adam s’applique à nous faire vivre au plus près l’émotion du héros confronté à la douleur de l’absence ou aux cauchemars des enfants. Il nous offre une belle réflexion sur l’impossibilité du deuil, sur la force des liens familiaux . C’est un roman de résistance face une vie devenue injuste, un roman d’espoir avec la perspective de la reconstruction, lente, douloureuse, mais palpable. Un roman qui nous sort de notre confort, nous bouscule un peu… et nous aide si besoin à savourer la présence de ceux qu’on aime.
23:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.08.2009
Nous étions jeunes et insouciants – Laurent Fignon
Nous étions jeunes et insouciants – Laurent Fignon

C’était en juillet 1989, tous les amateurs de cyclisme s’en souviennent. Moi, c’est parfaitement. Une terrible colère puis une tristesse infinie m’ont envahi ce jour là. Laurent Fignon vient de perdre le Tour de France pour 8 secondes, derrière Greg Lemond. Cette déception là, Laurent Fignon vivra avec chaque jour de sa vie… même si ces secondes paraissent bien dérisoires quant on doit combattre le cancer.
Moi, je l’adorais ce Fignon cycliste, le parisien, l’intellectuel comme on l’appelait, l’insoumis, voir même le « petit con » pour certains, déjà fantastique vainqueur de 2 tours de France au début des années 80.
Dans cette biographie, Fignon raconte ces années vélo, rend de vibrants hommages, comme celui à Bernard Hinault, et balance un peu..
On en apprend beaucoup sur ces vies de grands sportifs, entrecoupés par les plus grandes joies et les plus terribles déceptions, les blessures, les années d’espoirs et celles de doutes, les trahisons et les belles amitiés….
Même si le titre pourrait laissé l’entendre, on en apprend finalement assez peu sur le dopage, qui a priori, se serait surtout « professionnalisé » a la fin de sa carrière. On aurait aimé en savoir plus, et on reste un peu avec le sentiment qu’il ne dit pas tout..
Au final, on retrouve le Fignon tel qu’on l’aime, ou qu’on déteste. Un homme fier, avec des failles et des cicatrices qui font de lieu un sportif différent.
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